Impact de l’obésité maternelle sur l’enfant

By on 17 février 2016

Quels sont les impacts de l’obésité maternelle et de ses réponses thérapeutiques sur le développement du fœtus et du nouveau-né ? Ces questionnements sont au cœur d’une série d’études actuellement réalisées au CHU d’Angers. Zoom sur ces projets de recherche mobilisant une équipe pluridisciplinaire.

Le concept de DOHaD (Developmental Origins of Health and Diseases) ou “origine développementale de la santé et des maladies” est né dans les années 80, lorsque l’épidémiologiste britannique David Barker a montré que le risque de décès par maladie coronarienne à l’âge adulte était corrélé au poids de naissance du sujet.
Il s’agissait du premier lien établi entre une adversité dès les premières phases de la vie et un cercle vicieux de propagation d’un risque à l’âge adulte, voire d’une transmission aux générations suivantes.

Les “1000 jours”, entre le tout début de la grossesse et la fin de la deuxième année de l’enfant, constituent une fenêtre unique de sensibilité de notre organisme, pendant laquelle l’environnement sous toutes ses formes, qu’il soit nutritionnel, écologique, psycho-affectif, socio-économique, imprime sur nos gènes des marques épigénétiques durables. Ces marques vont conditionner la santé et le risque futur de maladie d’un individu, pour sa vie entière et ce, indépendamment des autres facteurs de risque classiques connus à l’âge adulte.

La programmation foetale au coeur des développements

Le placenta joue un rôle central dans ces phénomènes. En effet, il est le premier moyen de communication entre la mère et le fœtus. Il régule l’apport en nutriments et oxygène et participe ainsi à l’homéostasie fœtale. Ces adaptations secondaires à “un stress environnemental” peuvent entraîner des modifications d’implantation, de développement, de fonction du placenta avec des modifications d’expression de ses gènes et des processus d’adaptation épigénétiques. Toutes ces modifications du placenta en réponse à des stimuli nutritionnels, toxiques, psycho-affectifs, interviennent dans une “fenêtre critique” en terme de développement et participent aux phénomènes de programmation foetale.

Afin de progresser sur les mécanismes intervenant dans les pathologies placentaires ainsi que dans les phénomènes de programmation fœtale, une biocollection (placenta, sang fœtal au cordon, sang maternel) a été mise en place par le Dr Géraldine Gascoin sur le CHU d’Angers, avec l’aide du Centre de Ressources Biologiques (CRB).

Une étude ancrée dans une problématique de santé publique

L’obésité représente un problème mondial de santé publique avec plus de 1,4 milliard d’adultes en surpoids en 2008 parmi lesquels 300 millions étaient des femmes. L’obésité ne cesse d’augmenter malgré les différentes stratégies de santé publique mises en place depuis une trentaine d’années, avec une proportion d’adultes avec un indice de masse corporelle (IMC) >25 kg/m2 passant de 29 à 37% et de 30 à 38% entre 1980 et 2013 chez respectivement les hommes et les femmes.

Plus de 50% des femmes en âge de procréer et 20-25% des femmes enceintes en Europe sont en surpoids ou obèses. L’obésité maternelle pré-gravidique est associée à une augmentation de la morbi-mortalité maternelle et fœtale et expose l’enfant à un risque plus élevé de troubles métaboliques et cardio-vasculaires (syndrome métabolique) à l’âge adulte, participant ainsi au phénomène de reprogrammation fœtale et entretenant le “cercle vicieux” de l’obésité.

Pour progresser sur les effets induits par une obésité prégravidique en termes de reprogrammation foetale sur la descendance, la pédiatre Géraldine Gascoin a ainsi réalisé une mobilité de 8 mois (2013- 2014) avec l’équipe du Pr. Susan Ozanne, experte internationale en programmation foetale travaillant à l’institut du métabolisme (Université Cambridge, UK- lire encadré).

Elle a ainsi réalisé un travail sur les modifications placentaires induites par l’obésité avec une approche transversale (modèle animal de souris rendue obèse grâce à un régime riche en graisse et en sucre, échantillons placentaires issus de la biocollection constituée au CHU d’Angers). L’objectif de ce travail était d’analyser les modifications placentaires induites par un environnement obésogène et également les effets potentiels d’une intervention modérée par modification du mode de vie (activité physique modérée).

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