Home » Santé » Les nouveaux chiffres de la pauvreté en France

0Le Secours catholique a publié jeudi son nouveau rapport sur la pauvreté en France. Plus de 90% des situations rencontrées sont au-dessous du seuil de pauvreté Encore 15% des personnes ou familles sont sans ressources en 2008, malgré une constante diminution des délais et anomalies de perception. Deux raisons à cela : L’absence de droits : c’est le cas des étrangers sans papiers, ou de ceux qui attendent une réponse à leur demande de statut lorsque le délai de réponse dépasse la période pendant laquelle ils perçoivent une allocation d’attente. C’est aussi le cas des jeunes de moins de 25 ans non concernés par le RMI.

Les délais de perception : certains sont incontournables, comme la période durant laquelle une personne doit travailler avant de percevoir son salaire ou le délai d’examen d’un dossier dans le cas d’un changement de situation (chômage, fin de droits, déménagement, accident de santé…). Ces délais deviennent catastrophiques lorsqu’ils s’allongent de retards administratifs voire d’erreurs. Et les banques ajoutent alors leur contribution au déficit en prélevant des frais sur des comptes déjà vides ou sur des revenus théoriquement insaisissables.

La proportion de situations

vivant uniquement de transferts sociaux est stable Les revenus issus ou dérivés du travail sont ceux qui proviennent d’un travail actuel (salaires, formation professionnelle) ou passé (allocations chômage, retraites, indemnités journalières).

Les transferts sociaux sont le RMI, les allocati ons familiales, les prestati ons logement, les allocati ons pour personnes handicapées et les revenus versés par les centres communaux d’acti on sociale (CCAS). Enfi n, les revenus « autres » sont les bourses d’études, les pensions alimentaires et les revenus « autres » (travail informel).

Près de la moiti é des situati ons rencontrées (hors celles qui n’ont aucunes ressources) vivent uniquement de transferts sociaux. La part des situati ons percevant un revenu lié au travail, qu’il soit accompagné ou non de transferts sociaux, a quant à elle diminué jusqu’au milieu de la période. Depuis, cett e part est stable.

Les revenus liés au travail ont progressé plus vite que les revenus de transferts

Le revenu mensuel moyen de l’ensemble des personnes et familles rencontrées, hors situati ons sans ressources, était de 693 € en 1999, il est de 852 € en 2008, soit une augmentati on moyenne annuelle de 2,3% par an. Si le cumul de revenus du travail et de transferts sociaux assure le revenu moyen le plus élevé, les situati ons qui perçoivent uniquement des revenus issus ou dérivés du travail et celles qui perçoivent uniquement des transferts sociaux se situent à des niveaux voisins.

Le niveau de vie des situations rencontrées est toujours très inférieur au seuil de pauvreté

Le niveau de vie est estimé par le revenu par unité de consommation (UC). On l’obtient en divisant l’ensemble des ressources d’un ménage par son nombre d’UC calculé de la manière suivante : le premier adulte du ménage compte pour 1, les autres personnes de 14 ans ou plus comptent pour 0,5 et les enfants de moins de 14 ans comptent pour 0,3. Le but est de tenir compte de la taille de la famille mais aussi des économies d’échelle qui peuvent être réalisées. C’est sur la base du revenu par UC qu’est calculé le seuil de pauvreté : 908 € en 2007. Plus de 90% des situations rencontrées ont un niveau de vie inférieur à ce seuil de pauvreté. Le revenu moyen par UC de l’ensemble des situations rencontrées en 2008 est égal à 538 €, hors situations sans ressources.

Le montant des impayés progresse rapidement

En 2008, 62% des personnes et familles rencontrées avaient des dettes. De 1999 à 2008, le montant des impayés a progressé rapidement. Plutôt qu’au montant moyen, nous nous intéressons au montant médian6, moins sensible aux valeurs extrêmes. Il était égal à 457 € en 1999 et à 691 € en 2008, soit une augmentation moyenne de 4,7%, à comparer avec l’augmentation du revenu moyen de 2,3%. Le remboursement des dettes tient, avec le coût du logement, une part de plus en plus importante dans le budget des ménages rencontrés.

Les étrangers

En 2008, ils représentent 26,7% de l’ensemble des situations, fréquence en très légère diminution par rapport à 2007. Les nationalités les plus représentées dans les accueils en 2008 sont : l’Algérie, le Maroc, la Russie (personnes principalement originaires, sans doute, de Tchétchénie), la Roumanie, les deux Congos, la Guinée, la Serbie (personnes principalement originaires, sans doute, du Kosovo), l’Arménie et la Tunisie. Les situations « sans papiers » représentent aujourd’hui encore 10% des étrangers rencontrés et 2,4% de l’ensemble des situations.

Source : dossier presse du Secours catholique

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