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BachelotL’accident vasculaire cérébral est une priorité de santé publique mésestimée en France, selon le rapport présenté ce vendre par la ministre de la Santé oselyne Bachelot.

En termes de morbidité et de mortalité, au sein des maladies cardiovasculaires

L’accident vasculaire cérébral est la première cause de handicap acquis de l’adulte, la deuxième cause de démence (après la maladie d’Alzheimer) et la troisième cause de mortalité en France.

Touchant chaque année environ 130 000 nouveaux patients en France (prévalence estimée à 400 000 patients), l’AVC a un taux d’incidence multiplié par deux tous les 10 ans après 55 ans ; 25 % des AVC surviennent chez les moins de 65 ans (c’est à dire dans la population active), et plus de 50 % chez les personnes de 75 ans et plus. Dans le registre britannique d’Oxfordshire, l’AVC est plus fréquent que l’infarctus du myocarde (45 % vs 42 % des événements vasculaires). Après un premier AVC, le risque de récidive est important, estimé entre 30 et 43 % à cinq ans.

L’AVC et les maladies cérébrovasculaires sont une des principales causes de mortalité en France, davantage chez la femme que chez l’homme. Après 65 ans, le nombre de décès par AVC chez la femme est égal à celui par infarctus du myocarde chez l’homme. Dans le monde, l’athérothrombose est la première cause de mortalité aujourd’hui, et pour les 15 ans à venir ; les AVC sont la deuxième cause de mortalité dans le monde, tant dans les pays à revenus élevés que dans les pays en développement (1).

En termes de handicap, plus de 225 000 personnes sont classées de façon permanente en affection de longue durée « accident vasculaire cérébral invalidant » par le régime général de l’assurance maladie (2).

Les facteurs de risque sont en partie ceux de toutes les maladies cardiovasculaires (hypertension artérielle, diabète, tabac, mauvaise alimentation, sédentarité). Ces facteurs de risque sont accessibles à la prévention, des études ayant montré que le contrôle strict de l’hypertension artérielle et du diabète de type 2 réduit le risque d’AVC mortels et non mortels de 44 %. L’AVC est donc largement accessible à la prévention, dont il est commun de dire qu’elle est encore peu développée en France.

En termes médico-économique et de poids pour le système de santé

Son poids financier pour l’assurance maladie et la société est considérable : les travaux menés dans le cadre du Comité de pilotage concluent à une dépense annuelle d’environ 8,3 milliards d’euros (5,9 milliards pour le secteur de soins, et 2,4 milliards d’euros pour le secteur médico-social).

La dépense moyenne annuelle par patient (3) en affection de longue durée (ALD) « accident vasculaire cérébral invalidant » était estimée à 9 642 euros en 2004 (soit 14 % de plus qu’un patient sous ALD pour maladie d’Alzheimer et 15% de plus qu’un patient pour ALD « maladie de Parkinson »). La même année le total des remboursements pour cette ALD était estimé à 2 353 millions d’euros (soit 34 % de plus que l’ALD « maladie d’Alzheimer et autres démences » et 3,25 fois plus que l’ALD « maladie de Parkinson »).

L’AVC représente 2 % des séjours en hospitalisation de courte durée – secteur MCO (4) – 4,5 % des journées de soins de suite et de réadaptation, et touche 15 % des personnes vivant en EHPAD (5).

Les hospitalisations en court séjour pour AVC et AIT ont lieu quasi exclusivement dans le secteur public ou participant au service public hospitalier (94 % en 2007). L’activité se concentre : près de deux tiers des séjours ont lieu dans 15 % des établissements publics et PSPH (6).

La durée de séjour moyenne (DMS) globale était égale à 11,8 jours en 2007 dans les établissements MCO. En termes de journées d’hospitalisation en court séjour, les séjours de plus de 30 jours étaient peu nombreux (6,2 %) mais représentaient plus du quart de l’ensemble des journées d’hospitalisation pour AVC ou AIT (26,6 %) (7) : cela traduit notamment les difficultés de prise en charge d’aval (en réadaptation fonctionnelle, en soins de longue durée ou dans le secteur médicosocial) des cas les plus graves.

Environ 30 % des patients victimes d’un AVC constitué sont hospitalisés en soins de suite et de réadaptation (SSR) au décours de leur prise en charge en soins de courte durée. 73% d’entre eux retournent ensuite à domicile (8).

Les patients victimes d’AVC sont des malades « lourds » : en SSR, la moyenne des scores de dépendance physique des patients post AVC est près de 50 % plus élevée que celle de l’ensemble des patients accueillis en SSR. De plus, la proportion des personnes très dépendantes est particulièrement élevée dans les suites d’un AVC : 54,5 % en début de séjour SSR post AVC, contre 22,9 % pour l’ensemble du secteur SSR, l’écart étant sensible dans toutes les classes d’âge.

La réadaptation et les soins prodigués sont efficaces, mais les séquelles demeurent importantes : en fin de séjour après AVC, la proportion de personnes très dépendantes physiquement reste de 43,2 % malgré une réduction de 11,3 points.

Cette analyse par l’InVS des données PMSI SSR pour le Comité de pilotage permet de confirmer l’impression des professionnels quant à la lourdeur de ces patients, et renforce les propositions de soutien à ce maillon de la prise en charge, particulièrement sensible pour assurer la fluidité de la filière.

Cependant, l’AVC reste méconnu, tant du public que des professionnels de santé :

Selon l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), les connaissances des Français relatives à l’AVC sont faibles et disparates, en ce qui concerne tant les symptômes (seuls 30% identifient la faiblesse brutale de l’hémicorps comme un signe d’AVC) que la conduite à tenir (seuls 50 % des Français ont recours au Centre 15).

Or le délai d’arrivée aux urgences après AVC, point important de la prise en charge, dépend entre autres facteurs de la connaissance des signes d’AVC par la personne atteinte ou son entourage, la reconnaissance du besoin urgent de services médicaux, la rapidité du transport.

Plusieurs études ont montré un impact positif des campagnes grand public sur les connaissances de la population concernant les facteurs de risque d’AVC, les symptômes et la conduite à tenir en cas de survenue d’AVC. Les campagnes répétées permettent d’améliorer le niveau de connaissance des signes d’alerte (pour AVC et AIT), qui décroît toutefois en cas d’interruption de campagne de 5 mois. Une étude souligne l’intérêt de communiquer vers des publics ciblés (populations présentant des facteurs de risque). I.4. La recherche biomédicale concernant l’AVC est très insuffisante au regard des enjeux En France, la recherche en AVC est positionnée à l’interface entre celle concernant les maladies neurologiques (essentiellement dégénératives : maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson, etc.) et celle relative aux maladies cardiovasculaires (recherche sur la paroi vasculaire, la thrombose) ; elle est donc en « porte à faux », faible numériquement et qualitativement en termes tant d’appels d’offre que de publications. L’effort français de recherche en AVC est en deçà du poids social de cette pathologie.

Source : rapport Fery-Lemonnier présenté ce vendredi par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot

1 Représentant respectivement 9,9 et 9,5 % des décès (The Global Burden of Disease Study, Murray- Lopez et al. Lancet 2006 ;367:1747).

2 Ce nombre est une sous-estimation du handicap réel lié à cette pathologie, en raison d’une sous déclaration connue de cette affection de longue durée (ALD), notamment lorsque l’AVC survient chez un patient déjà en ALD pour un autre pathologie (qui peut d’ailleurs être une affection cardiovasculaire facteur de risque d’AVC).

3 Assuré social métropolitain du régime général de l’assurance maladie.

4 Séjours dans le secteur hospitalier de soins aigus dit « court séjour de médecine, chirurgie, obstétrique ».

5 Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.

6 Ces établissements reçoivent tous plus de 300 AVC par an.

7 Et les séjours de plus de trois mois représentaient 0,4 % des séjours pour 4,6% des journées.

8 Ce taux varie avec l’âge, mais l’interprétation de cette variation est délicate du fait de la non exhaustivité de cette variable dans le PMSI SSR.

Un seul commentaire to “L’AVC, une priorité de santé publique mésestimée”

  1. Baudouin Labrique dit :

    on pose presqu’exclusivement la piste comportementaliste ou médicamenteuse comme pouvant aider à l’accompagnement de tels maux et comme attendu, elle ne saurait pas vraiment être efficace en soi car elle ne s’occupe pas de ce qui est à la racine des maux et qu’offre la piste psychologique, qui est INCONTOURNABLE dans la survenance, notamment de cette maladie.

    En témoigne notamment cette déjà ancienne définition qu’en donnait déjà Antoine Porot, co-auteur d’un “Manuel alphabétique de psychiatrie” (1952) :
    “La psychothérapie est l’ensemble des moyens par lesquels nous agissons sur l’esprit malade ou le corps malade, par l’intervention de l’esprit.” , l’accompagnement psychothérapeutique est tout à fait indiqué : pour ceux qui en douteraient encore : « La psychothérapie ne se limite déjà pas aux troubles mentaux seulement. Dans le cas de troubles somatiques, physiques, la psychothérapie peut intervenir : les relations entre l’immunité et le psychisme sont avérées. »
    Source et lien liens internes :
    http://www.retrouversonnord.be/Psychothérapie_et_Medecine.htm

    Le célèbre professeur Henri LABORIT qui avait écrit un célèbre livre « Inhibition de l’action » (Editions Masson Paris & Presses Universitaires de Montréal, 1980) expose la théorie psychosomatique
    “(…) pour faire une infection ou une affection néoplasique [Ndlr :cancer], il ne suffit pas d’un contact avec un microbe ou un virus ou un irritant local chroniquement subi.
    On a trop focalisé sur le microbe, le virus ou le toxique cancérogène et pas assez sur le sujet, sur son histoire passée et présente, ses rapports avec son environnement.
    Les toxiques eux-mêmes doivent sans doute présenter une toxicité variable suivant le contexte et le statut social de l’individu qu’ils atteignent. (…)

    Nous sommes les autres, c’est-à-dire que nous sommes devenus avec le temps ce que les autres – nos parents, les membres de notre famille, nos éducateurs – ont fait de nous, consciemment ou non.
    Nous sommes donc toujours influencés, le plus souvent à notre insu, par les divers systèmes dont nous faisons partie.”

    Tout ce qui peut être diagnostiqué comme symptômes divers ou comme facteurs matériels possibles ne constitue que la face visible de l’iceberg ; c’est bien à l’image de cette médecine résolument et dogmatiquement symptomatique qui ne s’occupe de ce qui est en AVAL, alors qu’il faut ici aussi considérer ce qui est en AMONT.

    C’est comme un jeu de dominos : il ne servira à rien à moyen terme de ne s’occuper que des manifestations en queue de liste car il faut s’occuper de ce qui a été à l’origine réelle des maux. La plupart des scientifiques modernes sont maintenant d’accord pour dire que l’origine des maladies est dans le stress oxydant ou oxydatif.

    Mise à part les (coûteuses) pistes comportementaliste et allopathique mais qui ne résolvent rien en profondeur, est très efficace la piste (réellement) psychothérapeutique dans ce qu’elle intègre les neurosciences cognitives ou psychobiologie (qui font partie des sciences de la psychologie officielle).

    En témoigne cette personne qui a livré en conférence le témoignage de son auto-guérison de la maladie de Parkinson grâce à ce type de psychothérapie :
    “Diagnostiquée parkinsonienne, on la déclare condamnée. Elle ne se résigne pas et décide de se tourner vers des thérapies alternatives pour ne pas rentrer dans « l’engrenage de la chimie » et ne pas être rangée dans « le camp des malades » : « je me suis mise résolument du côté de la vie ! » déclare-t-elle au psychothérapeute qui l’accompagnera vers son autoguérison. Au vu des surprenantes analyses médicales qui en attestent, un médecin abasourdi écrit « l’hypothétique parkinson » ”
    Source : http://www.retrouversonnord.be/belva.htm

    A méditer :

    “Des études cliniques, effectuées sur des malades dont on a pu établir tous les antécédents biographiques, ont montré l’existence d’un rapport chronologique entre l’évolution de leur maladie et les événements retentissant sur leur vie affective. La situation qui précipite le sujet dans la maladie revêt pour ce malade une signification affective particulière, parce qu’elle est liée à son passé ou à une problématique conflictuelle non résolue. C’est en raison de ces liens qu’elle a pour lui un effet de stress. ”
    (A. BECACHE– Psychologie Pathologique, p. 219 – Abrégés Masson).

    “C’est la médecine tout entière qui doit s’ouvrir à la psychologie et devenir psychosomatique. Ou pour mieux dire, avec WEISS et ENGLISH : « Toute maladie relève à la fois de l’esprit et du corps et toute thérapeutique est, de ce fait, de la médecine psychosomatique. Lorsqu’on en sera dûment persuadé, le terme psychosomatique pourra disparaître, les données qu’il traduit étant désormais impliquées dans le terme médecine ». Mais pour cela il faut que tous les médecins et psychiatres soient authentiquement formés à la psychologie et aient renoncé au préjugé organiciste.” (Marc-Alain Descamps (1992). Corps et psyché, p16).

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