Les autorités sanitaires en Tunisie suivent de très près l’évolution de la situation, dans le cadre de réunions quotidiennes tenues par le comité technique d’observation et de veille sanitaire. La Tunisie a officiellement interdit aux Pèlerins tunisiens de se rendre à la Mecque en raison de la pandémie de la grippe A(H1N1).Le ministère de la santé publique a pris, depuis le début de l’alerte, toutes les dispositions préventives nécessaires en vue d’éviter l’infiltration du virus, à travers le renforcement de la vigilance et du contrôle au niveau des aéroports et des points de transit et en déconseillant aux citoyens tunisiens de se rendre au Mexique, où ont été enregistrés les premiers cas.
Boubaker Akhzouri, ministre tunisien des Affaires religieuses, explique que le pèlerinage a été « reporté » pour « préserver la vie humaine ». Le président Zine El Abidine Ben Ali a recommandé d’assurer un suivi minutieux et continu de l’évolution de ce fléau sur le plan international et de veiller à l’exécution rigoureuse de cette stratégie pour parer à toute éventualité. A cet effet, toute une stratégie progressive en matière de prévention et en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique concernant le virus a été adoptée. Les autorités sanitaires en Tunisie sont prêtes à prendre toutes les dispositions préventives que nécessiterait l’évolution de la situation relative au virus de la grippe A/H1N1 sur la scène mondiale .
Stratégie nationale de riposte contre la pandémie A :
Depuis l’apparition des premiers cas de grippe A/H1N1 dans le monde, les autorités sanitaires en Tunisie suivent de très près l’évolution de la situation. A cet effet, une stratégie progressive en matière de prévention adaptée à l’évolution de la situation épidémiologique concernant le virus a été adoptée. Cette stratégie met à contribution plusieurs départements et s’articule autour de plusieurs axes dont l’intervention en milieu de travail. Actuellement, la Tunisie est en période d’alerte pandémique, la survenue de l’épidémie dans notre pays est prévue à partir du mois de novembre 2009. Parmi les collectivités menacées par cette épidémie figure le milieu du travail. La forte densité des travailleurs dans un même site et la multiplicité des échanges et de contacts entre eux et avec les citoyens constituent des facteurs favorisant de la contamination.
A cet effet, la stratégie nationale de riposte contre la pandémie A/H1N1, coordonnée par le ministère de la santé publique, a inclut un plan d’intervention mettant à contribution les services médicaux d’entreprise. En effet, la population active occupée Tunisienne compte actuellement plus de trois millions de travailleurs dont plus de 2 300 000 couverts par les régimes sociaux. Concernant la couverture de ces travailleurs par les services médicaux de travail : elle est de l’ordre de 40% pour les entreprises soumises au code du travail et de 3% pour les structures de la fonction publique. Le système de santé et de sécurité au travail est ainsi constitué de 155 médecins du travail (MT) plein temps, plus de 200 Médecins du travail (MT) conventionnés, des agents paramédicaux et des ingénieurs de sécurité.
Concernant la secteur publique, il faut noter que de nombreux médecins travaillent à la fonction publique en tant que médecins contrôleurs, médecins administratifs, médecins chargés des soins ou de l’hygiène municipale…
Si on se réfère aux estimations des instances nationales et internationales à savoir : la durée de l’épidémie de 8 à 12 semaines, un taux d’attaque de 25%, un taux de létalité de 1 à 4 ‰, un taux de sévérité de 5% et une période d’isolement de 7 jours pour chaque cas avéré, l’impact de la pandémie serait très important sur la santé des travailleurs et sur la productivité de l’entreprise. Il se traduirait dans les secteurs formels de production et des services par :
* L’atteinte de plus de 500 000 salariés ;
* Un taux d’absentéisme de 2 à 7,5% par jour soit plus de 3 500 000 de journées de travail perdues (JTP) sur une période de 2 à 3 mois ;
* Un nombre de décès de 570 à plus de 1500 salariés ;
* Un coût élevé : Les coûts direct et indirect de l’absentéisme seraient à eux seuls de plus de 200 milliards DT.
Pour faire face à cet impact, le plan d’intervention en entreprise contre la pandémie A/H1N1 en milieu de travail adopté lors du conseil interministériel du 6 Août 2009 comme l’une des composantes de la stratégie nationale de riposte, se base sur deux axes :
1. Un plan de prévention spécifique à l’entreprise incluant les mesures pour assurer l’hygiène des mains, l’hygiène respiratoire, la réduction des contacts, la ventilation des locaux, la vaccination, l’alerte et la formation-information des travailleurs.
2. Un plan de continuité de l’activité en entreprise (PCA) précisant les recommandations concernant l’organisation de l’activité, l’organisation du travail et les règles de communication en entreprise en période d’épidémie. La réussite de ce plan d’intervention à l’échelle nationale est tributaire de :
1) L’identification précise des besoins de la prévention de la contamination et ceux de la continuité des activités ;
2) L’acquisition et la distribution des équipements en phase d’alerte pandémique tout en accordant une priorité aux secteurs stratégiques ;
3) L’étroite collaboration entre les différentes structures de santé et de sécurité au travail à savoir : l’institut de santé et de sécurité au travail (ISST), la direction de l’inspection médicale et de sécurité au travail (DIMST) et la caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) sans oublier l’adhésion des chefs d’entreprise qui sont les premiers responsables de ce plan à l’échelle de leurs établissements et l’efficacité des services médicaux de l’entreprise.
4) La coordination entre les structures de santé et de sécurité au travail et les structures de santé publique.
Alerte pandémiqueEn phase d’alerte pandémique les mesures doivent être orientées vers la réponse aux besoins de l’entreprise en matière de formation, de communication, d’acquisition de moyens de prévention et de mise en place d’un système de vigilance et d’alerte.
Dans un souci d’opérationnalité, la mise en œuvre de ces mesures doit cibler particulièrement les secteurs de production des services prioritaires. Elle s’appuiera sur les mesures suivantes :
1) Préparation de guides techniques :
Deux guides techniques ont été élaborés par l’ISST et validés par la commission nationale. Ils traitent les thèmes suivants :
· Rôle des structures de prévention en entreprise
· Recommandations pour la planification de PCA en entreprise
Le but de ces guides est d’éclairer les médecins d’entreprise sur leur mission en situation de pandémie telle que arrêtée dans le cadre de ce plan et ce durant les 3 phases de la pandémie (Alerte, Epidémie et Post-pandémie) Les objectifs sont de leurs permettre d’être capable de :
1. Elaborer et mettre en place un plan de prévention de la pandémie de grippe A/H1N1 à l’échelle de l’entreprise intégrant les instructions de la stratégie nationale.
2. Contribuer à l’élaboration d’un plan de continuité des activités (PCA) de l’entreprise pour limiter l’impact de l’absentéisme sur la production et les services.
3. Agir de manière coordonnée avec les services de santé en matière de riposte lors des phases d’alerte et d’épidémie.
A noter que pour les établissements ne disposant pas de services de médecine de travail, les médecins administratifs et les médecins conventionnés pour les soins ou le contrôle sont appelés à assumer cette mission et à contribuer à la réalisation des objectifs ci-dessus. Source : communiqué officiel des autorités tunisiennes.
No comments yet... Be the first to leave a reply!