L’Agence de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) est préoccupée par l’acide perfluorooctanoïque PFOA, une substance entrant dans la composition des revêtements antiadhésifs des poêles et autres ustensiles ménagers. Le PFOA est ainsi un contaminant de l’environnement qui peut se retrouver potentiellement dans la chaîne alimentaire.
Afin de quantifier l’exposition des consommateurs aux contaminants de l’environnement, en particulier au travers de l’alimentation, l’Afssa s’est dotée d’outils puissants que sont les études de surveillance comme l’Etude de l’Alimentation Totale (EAT) -qui permet d’analyser la contamination des aliments tels que consommés- et l’Observatoire des Résidus de Pesticides (ORP), en association avec l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset). Ces outils sont essentiels pour délivrer en toute rigueur et objectivité des évaluations scientifiques permettant aux gestionnaires du risque d’assurer un haut niveau de sécurité pour les consommateurs. Ainsi, grâce aux données colligées dans le cadre de l’ORP, l’Afssa a pu, par exemple, évaluer le niveau de protection du consommateur associé aux nouvelles Limites Maximales de Résidus de pesticides dans les aliments -fixées dans le cadre de la réglementation européenne- comparées aux LMR précédemment fixées au niveau national. L’Agence présentera d’ailleurs le fruit de ces travaux lors d’une réunion ouverte à l’ensemble des associations et ONG d’ici la fin du mois d’octobre.
Dans certains domaines, comme les PCB dans les poissons d’eau douce, l’Afssa pilote actuellement avec l’Institut de veille sanitaire (InVS) une étude d’imprégnation pour aller plus loin encore dans l’analyse des expositions réelles des pêcheurs à ces contaminants provenant de l’environnement.
Concernant le Bisphénol A (BPA), l’Afssa rappelle que, sur la base de l’évaluation réalisée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), le calcul des résidus de BPA susceptibles de migrer dans l’alimentation, en particulier au niveau du chauffage des biberons par micro-onde, conduit à écarter tout risque de dépassement des doses maximales admissibles. Continuant à veiller tout nouveau résultat susceptible d’affiner l’évaluation du risque pour le consommateur, l’Afssa a demandé à être destinataire des données brutes de l’étude réalisée dans le cadre de la procédure européenne Reach qui sera disponible en fin d’année.
Un autre exemple est celui du PFOA (Acide perfluorooctanoïque), substance entrant dans la composition des revêtements antiadhésifs des poêles et autres ustensiles ménagers. Le PFOA est ainsi un contaminant de l’environnement qui peut se retrouver potentiellement dans la chaîne alimentaire. A la demande de l’UFC-Que Choisir, l’Afssa a réalisé une évaluation scientifique approfondie dont le résultat et la méthodologie ont été publiés le 13 mars dernier. Elle montre que, sur la base de l’ensemble des données disponibles, l’exposition du consommateur liée à des conditions réalistes d’utilisation (1) de ce type d’ustensiles de cuisson est 600 fois inférieure (2) à la dose journalière tolérable. Par ailleurs, l’exposition par la consommation de poisson ou par l’eau de boisson estimée par l’Autorité européenne (EFSA), est négligeable (3). L’Afssa, à travers l’étude EAT, a prévu un suivi de ce contaminant dans l’ensemble de la chaîne alimentaire.
D’une façon plus générale, Marc Mortureux, nommé récemment par le gouvernement comme directeur général de l’Afssa et préfigurateur de la création d’un nouvel établissement public destiné à reprendre les missions de l’Afssa et de l’Afsset, appelle à la nécessité de poursuivre et d’amplifier les efforts en matière de recherche, pour permettre une approche plus globale des expositions de l’Homme aux contaminants dans l’aliment et dans l’environnement : « l’enjeu pour l’avenir est de disposer de données scientifiques et de modèles toxicologiques pour mieux appréhender l’ensemble des expositions auxquelles l’Homme est soumis en tenant compte du cumul des différents types d’exposition, aussi bien par l’alimentation que par les expositions sur les temps de travail, dans les transports, à domicile et plus généralement dans l’environnement. Il s’agit également de développer les connaissances relatives aux interactions entre les différentes sources de contaminants. Autour de cet enjeu scientifique, le projet de création d’une nouvelle agence de sécurité sanitaire, prend tout son sens, reprenant les missions et les acquis de l’Afssa et de l’Afsset et dont les contours seront définis d’ici la fin de l’année en concertation étroite avec l’ensemble des parties prenantes ». Source : communiqué de l’Afssa
(1) Consommation par un adulte de 60 Kg d’un kilogramme par jour d’aliments cuisinés dans une poêle de 28 cm de diamètre utilisée pour cuire 1200 g d’aliment pendant 2h à 175°C
(2) Exposition estimée à 0.0025µg/kg de poids corporel / jour à rapporter à la dose journalière tolérable de 1.5 µg/kg pc/j déterminée par l’Autorité européenne (EFSA)
(3) 2 ng/kg pc/j, avec un maximum de 6ng/kg pc /j
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