La grippe saisonnière et la grippe A ont les mêmes modes de transmission. Il convient d’adopter des bonnes habitudes d’hygiène pour se protéger de la contamination par de nombreux virus. L’Afssaps recommande les solutions et/ou des gels hydro-alcooliques testés selon la norme NF EN 14476 ou ceux dont la concentration optimale en alcool est comprise entre 60% et 70%.
Le virus responsable de la grippe A(H1N1) se transmet par voie aérienne et par contact rapproché avec une personne infectée, ou encore par contact direct avec les mains d’une personne malade. Le lavage des mains ou l’utilisation de désinfectants pour les mains peuvent aider à réduire la transmission du virus. Voilà pourquoi l’Afssaps a émis des recommandations spécifiques sur les conditions d’utilisation des produits de désinfection des mains avec un gel ou une solution hydro-alcoolique, notamment quand le lavage des mains avec du savon n’est pas réalisable. L’Afssaps recommande dans ce cas d’orienter le consommateur vers des solutions et/ou des gels hydro-alcooliques testés selon la norme NF EN 14476 ou ceux dont la concentration optimale en alcool est comprise entre 60% et 70%.
Le virus de la grippe A(H1N1) peut survivre dans l’environnement de quelques heures à quelques jours. Dans le cadre de l’épidémie actuelle, les modes de transmission du virus de la grippe A(H1N1)v semblent similaires à ceux de la grippe saisonnière, à savoir par voie aérienne (toux, éternuement ou postillons), par contact rapproché avec une personne malade (serrer la main ou embrasser) et par les mains avec des objets contaminés par une personne porteuse du virus (poignée de porte, transports en commun,…).
Les mesures d’hygiène pour réduire la transmission de la maladie sont primordiales. Dans ce contexte, l’Afssaps a analysé les données disponibles sur l’efficacité de certains produits hydro-alcooliques (PHA) pour les mains et considéré leur place dans les mesures d’hygiène des mains, afin de mieux orienter le consommateur dans son choix.
L’Afssaps recommande ainsi le lavage des mains avec du savon liquide lorsqu’un point d’eau potable est disponible. L’utilisation de solutions et gels hydro-alcooliques ne devrait intervenir qu’en l’absence de point d’eau disponible. Après évaluation, l’Afssaps recommande en priorité les produits hydro-alcooliques présentés sous forme de solutions ou de gels testés selon la norme NF EN 14476.
Avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé relatif à l’utilisation de désinfectants pour les mains à peau saine (produits hydro-alcooliques ; PHA) par le grand public, dans le cadre de l’épidémie de la grippe A(H1N1) :
Depuis l’apparition au Mexique, en avril 2009, des premiers cas d’infection chez l’homme par le virus influenza A H1N1 swl (swine like), le nombre de cas groupés confirmés augmente régulièrement dans le monde, ainsi qu’en France. Sur le territoire national, le seuil épidémique a été dépassé1. Dans ce contexte d’épidémie et dans le cadre de son activité d’évaluation de certaines catégories de produits biocides, l’Afssaps a conduit une réflexion sur l’utilisation des désinfectants pour les mains par le grand public pour accompagner les mesures et les recommandations nationales en termes d’hygiène afin de limiter et de réduire la transmission rapide du virus.
Le virus de la grippe A(H1N1)v est un virus enveloppé par une couche lipidique externe. La structure lipidique de l’enveloppe peut être désorganisée par des détergents (par exemple les savons) ou des produits à base d’alcool ou autres substances actives biocides. La présence de cette enveloppe rend les virus plus fragiles et la destruction de cette dernière induit une perte du pouvoir infectieux de la particule virale. Ainsi, il est généralement admis que les virus enveloppés sont plus sensibles aux désinfectants que les virus nus.
Cependant, il a été montré que les virus de la grippe pouvaient survivre dans l’environnement quelques heures à quelques jours5. De ce fait, les mains peuvent être contaminées par contact. Il a donc été jugé utile de rappeler quelques mesures d’hygiène de base dans cet avis.
Dans le cadre de l’épidémie actuelle, la transmission du virus A(H1N1)v semble se faire de la même manière que celle d’une grippe saisonnière à savoir par voie aérienne (via l’air par l’intermédiaire de la toux, de l’éternuement ou des postillons); contact rapproché avec une personne malade (serrer la main ou embrasser); transmission manuportée avec des objets touchés contaminés par une personne malade (poignée de porte, transports en commun,…).
Les mesures d’hygiène habituelles des mains ou l’utilisation de désinfectants pour les mains (en cas d’absence de point d’eau et de savon disponibles) peuvent jouer un rôle important dans la réduction et la limitation de la transmission manuportée.
Les désinfectants pour les mains entrent dans la catégorie des produits biocides de type 1, c’est-à-dire celle des produits biocides destinés à l’hygiène humaine tels que définis dans l’annexe V de la directive biocide 98/8/CE, transposée en droit français par l’ordonnance n° 2001-321 du 11 avril 2001 et le décret n° 2004-187 du 26 février 2004. Le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer, est chargé, en tant qu’autorité compétente, de la mise en oeuvre de la réglementation biocides.
Durant la période transitoire de mise en oeuvre de la directive 98/8/CE pour les produits biocides, les désinfectants pour les mains ne sont pas encore soumis au système d’autorisation préalable à la mise sur le marché (AMM) en France. Néanmoins, durant cette période transitoire, tous les produits biocides mis sur le marché français
doivent contenir des substances actives listées à l’annexe II du règlement CE 1451/2007 pour l’usage adéquat et n’ayant pas fait l’objet de décision de non-inscription. Dans le cas contraire, le produit ne peut pas être mis sur le marché – être étiquetés conformément aux dispositions de l’article 10 de l’arrêté du 19 mai 2004 relatif au contrôle
de la mise sur le marché des substances actives biocides et à l’autorisation de mise sur le marché des produits biocides. Ils doivent être déclarés à l’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS); et être déclarés au Ministère en charge de l’environnement avant leur mise sur le marché effective.
Lorsqu’à l’issue d’une évaluation communautaire, les substances actives seront inscrites à l’annexe de la directive biocide pour cette catégorie de produits, ceux-ci seront soumis à l’autorisation du Ministère en charge de l’environnement, via les dossiers dont les données requises sont prévues dans l’arrêté du 19 mai 2004.
Pendant cette période transitoire, le responsable de la mise sur le marché doit s’assurer de l’efficacité revendiquée du produit qu’il commercialise vis-à-vis des microorganismes annoncés.
De nombreux produits de désinfection pour les mains sont actuellement présents sur le marché, ils ne sont pas tous d’efficacité équivalente. Les produits de désinfection pour les mains dont les fabricants revendiquent une efficacité sur le virus A(H1N1)v, actuellement sur le marché français n’ont pas été évalués par une instance réglementaire nationale.
Dans le contexte actuel, l’Afssaps estime que les PHA revendiquant une efficacité vis-à-vis du virus A (H1N1)v doivent répondre à la norme NF EN 144766 relative aux essais virucides quantitatifs de suspension pour les antiseptiques et désinfectants chimiques utilisés en médecine humaine. La référence à cette norme indique que le produit a fait l’objet de tests démontrant son activité sur des virus nus (donc sur des virus plus résistants que les virus enveloppés), ce qui implique qu’il est actif aussi, par déduction, sur le virus de la grippe A(H1N1)v. Il est aussi concevable de conduire l’essai sur un virus de la grippe à condition qu’il soit mené selon la méthodologie de la norme NF EN 14476 (le virus de la grippe testé peut être un virus influenza A saisonniere (H1N1 ou H3N2) ou un autre représentant (H5N1). La référence à la norme doit figurer visiblement sur l’étiquetage.
Ils doivent contenir de l’alcool éthylique (ou éthanol) ou de l’alcool propylique (propane-1-ol ou n-propanol) ou de l’alcool isopropylique (propane-2-ol ou isopropanol) dont la concentration optimale est comprise entre 60% et 70% (pourcentage exprimé en volume/volume) ou si exprimé en masse/masse à une concentration comprise entre 520 et 630 mg/g (équivalence obtenue par approximation sur la base des tables alcoométriques de la pharmacopée européenne dans un mélange éthanol et eau). Sur la base des données disponibles, de tels produits ont prouvé leur efficacité sur les virus nus7,8,9,10 (donc sur des virus plus résistants que les virus enveloppés), ce qui implique qu’il est actif aussi, par déduction, sur le virus de la grippe A(H1N1)v. La concentration en alcool doit figurer visiblement sur l’étiquetage.
Enfin, le responsable de la mise sur le marché du produit biocide doit s’assurer aussi de l’innocuité et de la tolérance chez l’homme. Il doit par ailleurs respecter la réglementation relative à la sécurité générale des produits.
Considérant que les informations disponibles indiquent que le virus de la grippe A(H1N1)v suit un mode de transmission similaire à celui d’un virus saisonnier ; que c’est un virus enveloppé par une couche lipidique ; que cette structure peut être désorganisée par le lavage avec un savon ou par désinfection avec une solution ou un gel hydro-alcoolique ; que les études disponibles indiquent qu’il peut résister quelques heures à quelques jours dans l’environnement, ce qui favorise sa transmission manuportée ; que les mesures d’hygiène de base peuvent réduire ou limiter le pouvoir infectieux du virus, le lavage des mains est préconisé dès lors qu’un point d’eau potable est disponible. Il doit être systématiquement réalisé avec un savon (les savons liquides sont à privilégier par rapport aux savons solides). Il est important de respecter un temps de lavage minimum de trente secondes, de bien rincer
et de sécher les mains soigneusement avec des essuie mains ou serviettes propres. L’humidité résiduelle semble favoriser la transmission du virus comme cela a été démontré pour les bactéries. Il est primordial de rappeler que l’action mécanique est un élément essentiel de la réduction des virus et de l’efficacité des savons.
En absence de point d’eau disponible, l’utilisation d’un PHA est à recommander, dans les environnements collectifs (transports en commun, lieux publics,…). Dans ce cas, il est important de respecter un temps de friction d’au moins trente secondes15 jusqu’à l’obtention de mains sèches (la durée d’utilisation optimale devrait figurer sur l’étiquetage du produit). Ces produits sont à utiliser sur des mains visiblement non souillées.
Les données d’efficacité relatives aux lingettes ou aux mousses désinfectantes sur le marché n’étant pas disponibles actuellement, l’Afssaps recommande de privilégier les PHA sous forme de solutions ou de gels.
Il est à noter que cette position sur les lingettes et les mousses désinfectantes est fondée sur l’absence de données disponibles et non sur une preuve de l’absence d’efficacité.
Ces mesures d’hygiène des mains sont recommandées plusieurs fois par jour dans les cas suivants après s’être mouché, avoir éternué ou toussé, après avoir été en contact avec une personne atteinte ou suspecte d’être atteinte de la grippe A (H1N1), après un passage par un environnement collectif (transport en commun, lieu de rassemblement, activité publique, vie en collectivité, …), après avoir été en contact avec des surfaces ou des objets potentiellement contaminés par une ou des personnes atteintes ou susceptibles d’être atteintes par la grippe A (poignées de portes, billets de banque, …). Source : communiqué de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps)
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