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0drogueFace à la consommation de drogue, Roselyne Bachelot prône la fermeté. « C’est là tout le sens de la campagne « toxicomanie », que j’ai le plaisir de lancer ce matin, aux côtés de la mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) et de l’institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) », affirme la ministre.

En France, la dernière campagne anti-drogue datait de 2005 et il était devenu  indispensable de l’actualiser. Une nouvelle campagne intitulée : « Drogues : ne fermons pas les yeux » a été lancée hier par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot. En effet, les Français consomment plus de drogues qu’auparavant, plus souvent et plus jeune. « On ne compte pas moins de quatre millions de consommateurs réguliers de drogues », dont 550000 personnes qui fument chaque jour de trois à quatre fois du cannabis. Parmi elles, 380000 ont moins de 25 ans.

La nouvelle campagne s’accompagne d’un spot TV (35’) diffusé du 6 au 26 octobre et qui a pour objectif de rappeler qu’en dépit d’une relative banalisation, les drogues restent des produits dangereux. Il met en regard des situations qui nourrissent l’imagerie populaire des drogues (scènes de convivialité, unes de magazines, images télévisées…) avec des scènes qui illustrent les risques pour les rendre plus concrets (accidents, précarité, parents désemparés…). Le spot sera ainsi diffusé en métropole et dans les DOM sur l’ensemble des chaînes hertziennes, ainsi que sur les chaînes numériques de la TNT et du Cab/Sat.

A la mortalité directement liée à la prise de drogues, il faut ajouter l’importante morbidité induite. « Je pense notamment aux complications infectieuses, telles que le Sida ou l’hépatite C, mais également aux accidents du travail et de la route, à l’impact sur la grossesse, aux accidents cardio-vasculaires et neuro-psychiatriques, tels que les troubles du comportement, la dépression ou le suicide. Je n’oublie pas non plus les effets sociaux des drogues, en particulier les problèmes de concentration à l’école ou dans la vie active, et la violence », a expliqué Roselyne Bachelot.

L’offre élargie des drogues dans notre société se double d’une accessibilité renforcée, en raison des nouveaux vecteurs d’achat, tels qu’internet par exemple. Associé à une dimension festive et récréative, en partie idéalisé, l’usage de drogues s’est démocratisé et banalisé ; les dégâts qu’il cause sont trop souvent minimisés.

En 2005, trois personnes sur dix parmi les 15-64 ans (30,6 %) signalent avoir déjà consommé du cannabis au cours de leur vie et un peu plus de quatre sur dix (43,1 %) déclarent s’en être déjà vus proposer. Ces résultats confirment la place spécifique du cannabis parmi les drogues illicites observées en France depuis les années 1990 : c’est la drogue illicite la plus disponible et la plus expérimentée. En 2005, le Ministère en charge de la santé, la Mildt et l’Inpes ont ainsi mis en place un programme de prévention de l’usage de cannabis. Il s’agissait de la première initiative médiatique en Europe sur ce thème.

C’est pourquoi la prévention que nous menons doit s’adapter à cette nouvelle réalité, à laquelle la population doit être mieux sensibilisée. Ainsi, pour combattre efficacement les drogues et la toxicomanie, le Gouvernement a souhaité proposer un dispositif global, de longue durée, qui s’appuie sur une campagne articulée autour de trois volets.

D’abord, nous mènerons une campagne sanitaire. C’est le sens de ma présence aujourd’hui. A travers les différents médias que sont la télévision, les spots radio, les sites internet destinés aux jeunes ou les messages diffusés sur des bannières, nous toucherons un large public. Il s’agit de sensibiliser chacun aux effets physiques et neuropsychiques des produits stupéfiants.

Ensuite, à partir de la mi-novembre, en étroit partenariat avec la MILDT, nous lancerons une campagne judiciaire, qui insistera sur la pénalisation de l’usage de drogues. Est-il besoin de rappeler que la consommation de drogue constitue un délit dans le droit français et qu’elle est passible de condamnations de justice ?

Enfin, à partir de septembre 2010, nous travaillerons sur le soutien aux parents et aux adultes en général, face à l’usage de drogues chez les jeunes, dans le prolongement des états généraux de la parentalité qui se tiendront l’été prochain.

D’après l’enquête comparative européenne ESPAD 2007 auprès de lycéens, la France est encore dans le peloton de tête à la 5e ou 6e place. Si beaucoup de jeunes en restent à une unique expérience ou à une consommation occasionnelle, d’autres s’engagent dans une consommation régulière de cannabis. Une fraction importante des garçons consomme régulièrement, plusieurs fois par semaine. Exceptionnelle avant 15 ans, cette consommation s’accroît ensuite nettement avec 11 % de consommateurs réguliers à 17 ans chez les garçons. Les filles sont moins concernées avec un taux de consommatrices de 4 % à 17 ans.

Ainsi, à partir de 16 ans, le niveau de consommation régulière de cannabis devient comparable à celui de l’alcool. Cependant, comme pour l’expérimentation et malgré une progression continue depuis le début des années 90, l’usage régulier de cannabis a enregistré en 2003 une première inflexion : il a baissé entre 2002 et 2003 chez les garçons de 17 ans (18 % en 2002 contre 15 % en 2003 et en 2005) et reste stable chez les filles du même âge (7 %). Cette baisse s’est encore accentuée depuis, l’usage régulier de cannabis concernant 7% des jeunes de 17 ans en 2008.

Près de six personnes âgées de 15 à 64 ans sur dix (58 %) jugent que, si elles en voulaient, il leur serait facile d’obtenir du cannabis en 24 heures, (30,4% « assez facile » et 27,5% « très facile »). Les hommes de 20- 25 ans sont particulièrement nombreux à partager cette opinion (79,2 % vs 61,3 % dans le reste de la population). Le cannabis est globalement un produit jugé accessible même pour les tranches d’âges les plus élevées ; la proportion des personnes estimant que cela leur serait « très facile » baisse toutefois nettement avec l’âge (40,6 % à 15-19 ans vs 17,4 % à 55- 64 ans)7. Pour les jeunes de 16 ans, l’enquête ESPAD montre que 42 % considèrent qu’il leur serait facile de se procurer du cannabis en 2007.

Les adultes, en effet, ont une fonction essentielle à assurer, une autorité à réinvestir. Vous l’aurez compris, la lutte contre les drogues et la toxicomanie constituent un sujet majeur de santé publique, auquel nous devons apporter des réponses concrètes et adaptées. A cet égard, je souhaite que le lancement de cette campagne originale marque une étape importante dans la prise de conscience collective et la mise en œuvre de solutions efficaces.

Commentaires :

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2 commentaires

  1. MrMustard dit :

    du grand n’importe quoi
    on focalise énormément sur le cannabis, mais personne ne meurt de ça. Je ne dis pas que c’est pas un problème (et encore, ça l’est dans très peu de cas) mais si 30% en ont déjà prit, ça fait tout de même 70% qui n’en ont jamais vu la couleur
    Seulement je ne vois cité qu’une seule fois le mot ALCOOL
    La seule vraie drogue dure, celle qui cause un bien plus grand nombre de mortalité et de morbidité, qui fait des dégâts irrécupérables au niveau du cerveau et autre.
    je le répète : l’alcool est une drogue dure, bien plus vicieuse, agressive, corrosive, mortelle et surtout accessible que l’héroïne ou l’herbe
    Allez vous faire quelque chose contre ça, Mme la ministre?

  2. ashmessiah dit :

    Bla bla bla… Moi je trouve que la phrase suivante est bien plus juste si l’on remplace « drogue » par « alcool »
    « mais également aux accidents du travail et de la route, à l’impact sur la grossesse, aux accidents cardio-vasculaires et neuropsychiatriques, tels que les troubles du comportement, la dépression ou le suicide. Je n’oublie pas non plus les effets sociaux de « l’alcool », en particulier les problèmes de concentration à l’école ou dans la vie active, et la violence »,
    Signé: un gros fumeur de cannabis ingénieur qui en a marre de la propagande et de l’hypocrisie.

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